Autour de l'écriture
Cette page s'écrira peu à peu…
Réflexions, hésitations, choix, petits enseignements glanés au fil de l'écriture : je prendrai le temps de les partager ici.
" Chez beaucoup de personnes, l'âge des « pourquoi ? » s'arrête vers trois ou quatre ans. Chez moi, il ne s'est jamais vraiment terminé
Je continue à m'interroger, à m'émerveiller, à chercher les liens invisibles entre des personnes, des événements ou des destins qui, au premier regard, semblent n'avoir rien en commun.
J'aime écrire parce que l'écriture m'aide à comprendre. Elle me permet de prendre du recul, de donner du relief aux événements, de ressentir plus profondément les choses pour, ensuite, essayer de les transmettre.
Je continuerai sans doute toujours à m'émerveiller des mécanismes de la vie. Je crois que cela ne dépend pas de l'âge, mais du regard que l'on choisit de porter sur les autres et sur ce qui nous entoure. Et ce regard-là, je le dois en grande partie à ma mère.
En lisant ce récit, certains y verront simplement une histoire. Pourtant, La Dame de la 119 n'est pas seulement la biographie de ma mère. C'est aussi le dialogue silencieux entre une vie et le regard d'un fils qui, au fil des années, cherche à comprendre ce qui donne du sens à l'existence.
Ce regard évolue au fil des pages. Le lecteur ne suit donc pas uniquement le parcours de ma mère ; il accompagne aussi la lente maturation de mon propre regard. C'est, au fond, la véritable colonne vertébrale de ce livre.
Je pars toujours du concret, des petits faits de la vie, parce que c'est souvent là que se cachent les plus grandes vérités. Je n'explique pas tout. J'aime laisser au lecteur l'espace nécessaire pour poursuivre sa propre réflexion et, peut-être, y trouver quelque chose qui résonne avec sa propre histoire.
Malgré les épreuves et les déceptions, je garde cette confiance que ma mère m'a transmise : après les tempêtes, il y a toujours un chemin qui mène vers des jours plus lumineux.
Il y a aussi une petite histoire derrière ce livre.
Je suis dyslexique et dysorthographique. Je ne dis pas " j'étais ", mais " je suis ", car on le reste toute sa vie. Mon parcours scolaire n'a rien arrangé : sept ou huit écoles pendant le primaire, dont quatre rien que pour la première année. Au secondaire, presque tous mes professeurs de français me prédisaient l'échec. Mon professeur de latin est même allé jusqu'à me dire que je n'avais pas ma place dans cette section.
Et pourtant…
Je suis devenu instituteur, puis directeur d'école. Et, bien des années plus tard, j'ai écrit ce livre.
Avec le recul, je souris. Tous ces obstacles n'ont finalement été que des occasions de faire un pied de nez à la vie. Mais je sais aussi que je n'y serais jamais arrivé sans les belles rencontres qui ont jalonné mon chemin.
J'espère que certains lecteurs seront touchés, non seulement par l'histoire de ma mère, mais surtout par ce qu'elle révèle : qu'une vie ordinaire, lorsqu'on la regarde avec attention, avec tendresse et avec amour, peut rejoindre quelque chose d'universel.
Au fond, je n'ai rien voulu démontrer.
J'ai simplement confié au lecteur ce qui habitait mon cœur."
Jean-Louis Leutenez
À suivre…